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Histoire
Article détaillé : Histoire du Maroc.
Préambule : Fondation du Maroc
A partir de quel moment les historiens
commencent-ils à parler d'un état marocain ?
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Monnaie Idrisside année 840, marque de
la création d'un état |
La fondation du Maroc, pays se considérant
arabo-berbéro-afro-musulman, se fait avec les
Idrissides qui allièrent à leur cause diverses
tribus arabo-berbéro-afro-musulmanes contrôlant
des petits royaumes ou territoires indépendants
de tout pouvoir central. Au fur et à mesure des
alliances, les Idrissides vont étendre leur
influence territoriale avec des populations
autochtones et lancer les bases de
l'organisation d'un état constitué (Makhzen)
reprises par les dynasties suivantes. Si les
Idrissides vont commencer à dessiner les bases
le l'état et des frontières de l'actuel Maroc ce
sont les Almoravides qui en créant leur capitale
Marrakech donneront au pays son nom (le nom
Maroc est due à déformation linguistique
française de Marrakech); ils consolideront et
élargiront l'œuvre débutante et fragile des
Idrissides ; les dynasties suivantes hériteront
de l'expérience étatique précédente.
Même si d'autres civilisations du bassin
méditerranéen (Rome, Carthage etc..) ont enrichi
l'histoire du pays et même, si des populations
de l'actuel Maroc vont participer à l'essor de
ces civilisations, les historiens du Maroc les
considèrent comme appartenant à des puissances
étrangères, de surcroît non musulmanes, point
important dans la définition du pays.
À partir des Idrissides, les dynasties qui
suivirent et qui durent, elles aussi, établir
des alliances avec des tribus de l'actuel Maroc,
seront considérées comme marocaines par les
historiens.
A l'époque des Idrissides, le Maroc s'appelle le
Royaume de Fez.
A propos du Maroc, le terme Empire est parfois
utilisé car par définition, un empire est un
ensemble d'états ou de royaumes (voir les
différentes cartes du Maroc). Ceci explique
l'appellation « villes impériales » utilisée
encore de nos jours pour qualifier les villes de
Fès, Marrakech et Meknès.
Lorsque le Maroc se fonde, le reste du Maghreb
est éclaté sous forme de royaumes ou territoires
indépendants, parfois concurrents ou en guerre,
sans pouvoir central c'est-à-dire non organisés
en état dirigé par des populations autochtones.
L'organisation en état organisé permit aux
Saadiens et aux Alaouites de s'opposer à
l'avancée ottomane qui s'arrêta à la Moulounyia
et qui s'étendait sur une grande partie des
autres pays arabes actuels.
Des désaccords apparues au début du 20e siècle
dans la famille Alaouite et dans le Makhzen plus
gobalement suite à des problèmes de gestion du
pays, créèrent une période d'instabilité (comme
le Maroc en connut dans le passé)dont vont
profiter plusieurs puissances coloniales
(Allemagne, Angletterre, Espagne, France) pour
essayer de s'emparer du pays qui possède entre
autres une position géostratégique intéressante,
à la veille de la première guerre mondiale.
Après bien des tractations houleuses et secrètes
qui faillirent déclencher dès 19212 à la
première guerre mondiale, le Maroc fut partagé
entre la France et l'Espagne.
Références en liens externes
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Préhistoire et
protohistoire
Les premières traces d'une présence d'hominidés
sur le territoire marocain datent d'environ 700
000 ans. De cette période dite acheuléenne, on a
retrouvé un certain nombre d'outils, notamment
dans la plaine de la Chaouïa et plus précisément
à proximité immédiate de l'agglomération
casablancaise. Outre l'outillage, on a découvert
un certain nombre de fragments humains notamment
dans les carrières Thomas (mandibules,
maxillaires et fragments crâniens d'Homo
erectus).
De l'époque moustérienne (120 000 à 40 000 ans
BP), le site le plus explicite est celui de Jbel
Irhoud situé à mi-chemin entre les villes
modernes de Marrakech et de Safi et où ont été
découverts deux crânes d'hominidés, des outils
associés à l'industrie levalloiso-moustérienne
ainsi que d'importants restes d'animaux
aujourd'hui disparus.
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Extension de la culture ibéromaurisienne |
L'époque atérienne (60 à 40 000 ans BP) a
apporté son lot d'outils pédonculés retrouvés
dans de nombreuses grottes situées sur le
littoral atlantique (Dar Soltane 2).
Néanmoins cette période a surtout été marquée
par de profonds bouleversements climatiques
ayant entrainé une désertification sans
précédent du territoire marocain ainsi que la
raréfaction voire la disparition d'un grand
nombre d'espèces animales et végétales. Cette
dynamique a cependant été contrecarrée par le
rempart naturel que constitue la chaîne de
l'Atlas, que ce soit au Maroc ou dans le reste
du Maghreb.
L'arrivée d'Homo sapiens au Maghreb avant
l'Épipaléolithique a été démontrée puisque les
industries atériennes ne sont pas l'œuvre de
l'homme de Néandertal, dont l'aire de
répartition est exclusivement eurasiatique, mais
bel et bien d'Homo sapiens présentant des
caractéristiques archaïques.
Il y a environ 21 000 ans, la civilisation
ibéromaurusienne voit le jour. Elle se
caractérise par des rites funéraires plutôt
évolués et par un raffinement de l'outillage
utilisé. Néanmoins, il n'est pas encore question
d'agriculture. La grotte de Taforalt dans la
région d'Oujda correspond au plus grand gisement
de l'époque.
Cette civilisation se maintient et se répand sur
l'ensemble du Maghreb avant de se métisser
progressivement vers le neuvième millénaire
avant notre ère avec les populations capsiennes,
ancêtres des Berbères modernes. Les premiers
éléments découverts correspondant à cette
période (Néolithique) datent d'environ 6 000
ans. Ceux-ci témoignent d'une sédentarisation
déjà avancée ainsi que d'une maîtrise relative
des techniques agricoles. |
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Le Maroc antique
Article détaillé : Liste des villes au Maroc
fondées par les Phéniciens.
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Bassins à mosaïques à Volubilis |
À partir des années - 3 000 se développe au
Maroc la culture campaniforme. Dès lors le Maroc
entre dans l'âge du bronze et on assiste à la
diffusion d'une céramique noire spécifique dont
la présence est attestée dans un certain nombre
de sépultures de la région rifaine.
À partir du XIe siècle av. J.-C., les hardis
commerçants Phéniciens atteignent les côtes
marocaines et notamment la côte atlantique. Ils
fondèrent de nombreux comptoirs qui serviront de
bases à de nombreuses cités romaines puis arabes
(dont les principaux furent Tingis et Lixus,
actuelles Tanger et Larache). Au passage, c'est
à cette période déjà que l'on date les toutes
premières installation de populations juives au
Maroc
L'autonomie progressive de Carthage profitera
aux comptoirs fondés sur les côtes marocaines
dans la mesure où ils seront davantage mis en
valeur du fait de la proximité relative avec la
capitale. L'influence punique se fit grandement
sentir auprès des populations indigènes dont
l'organisation s'améliore parallèlement. Ainsi
les tribus berbères se fédèrent progressivement,
fondant des royaumes cohérents dont le premier
sera le royaume de Maurétanie d'abord confiné
dans le nord de l'actuel Maroc.
Du fait du soutien apporté par la Maurétanie à
l'Empire Romain lors de la destruction de
Carthage, il se nouera une étroite amitié entre
les deux entités (d'où l'éviction du chef numide
Jugurtha). Lors d'une invitation de Ptolémée de
Maurétanie à Rome, ce dernier est assassiné par
l'empereur Caligula ce qui entrainera après deux
années de troubles une annexion de la Maurétanie
(42 ap J.-C.) que l'on désignera dès lors sous
le nom de Maurétanie Tingitane. Là encore, seul
le nord de l'actuel territoire marocain est
effectivement sous contrôle romain, le reste du
territoire demeurant berbère. Ils fonderont la
prospère cité de Volubilis (non loin de
l'actuelle Meknès véritable emblème de cette
période. Néanmoins la capitale administrative
demeurera Tingis, future Tanger. Durant toute
cette période il sera laissé une grande
autonomie aux différentes tribus mais la
constante pression des tribus méridionales aura
progressivement raison de la Maurétanie
Tingitane puisqu'au IIIe siècle elle en sera
réduite à la côte nord et à Sala (actuelle
Salé).
En 429, des tribus Vandales traversent le
Détroit de Gibraltar mais dans leur
imperturbable course vers ce qui demeurait de la
mythique Carthage, ils ne contrôleront guère que
le littoral méditerranéen, se désintéressant de
l'intérieur des terres. Un siècle plus tard, les
Byzantins, désireux d'anéantir le royaume
vandale pacifieront le nord du territoire,
désenclavant par la même occasion les tribus
berbères du reste du pays. |
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Rôles des Tribus au cours
de l'histoire du pays
Comme dans l'histoire de très nombreuses nations
à travers le monde, aucune dynastie marocaine
(des Idissides aux Alaouites) ne pourra
s'imposer par elle-même. Toutes devront, pour
étendre et asseoir leur influence géographique
sur des périodes plus moins longues, passer des
alliances (intéressées, religieuses, maritales,
forcées, pacifiques ou négociées) avec les
différentes autres tribus musulmanes et parfois
juives du pays. L'Islam sera le principal ciment
entre les différentes tribues
arabo-afro-berbères qui composent le royaume
mais ses interprétations feront naitre des
conflits. Le fait que certaines dynasties se
soient réclamées Chérifiennes ne sera pas un
atout suffisant à leur persistance.
Le Maroc restera longtemps un pays fortement
tribal cela même après l'indépendance du pays en
1956. C'est la raison pour laquelle, de nos
jours encore, les représentants des différentes
tribus du pays continue à réitérer leur
allégeance au Roi au cours de la fête annuelle
du Trône. Compte tenu des dissensions familiales
et des luttes de pouvoir au sein des différentes
dynasties marocaines successives tous les
membres (sans exception) de la famille royale
sont également tenues de prêter allégeance au
Roi. Au cours de cette fête (reliant le Peuple
au Roi et le Roi au Peuple), les représentants
des tribus crient à 3 reprises " NAAM A SIDI"
que l'on peut traduire en Français par " A vos
ordres ou à votre service votre Majesté" .
L'aspect tribal du Maroc actuel va en s'effaçant
en particulier dans les grandes villes.
Cette fête du Trône a pour but de souder et de
rappeler le lien entre le monarque et le peuple
en particulier à des moments difficiles de
l'histoire du pays. |
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De la conquête arabe aux
troubles anarchiques
Article détaillé : Dynastie Idrisside.
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Vue de la cour centrale de la Mosquée
Quaraouiyine |
En 649, débute la conquête du Maghreb par les
troupes arabes. C'est 35 ans plus tard que ces
troupes pénètrent véritablement dans le
territoire marocain. Les tribus berbères
installées aussi bien dans les contreforts
montagneux de l'Atlas et du Rif que dans les
fertiles plaines atlantiques soutiendront dans
un premier temps les Byzantins installés sur les
côtes méditerranéennes qu'ils préféreront aux
Arabes notamment à cause d'erreurs
diplomatiques. La destruction des installations
byzantines aux alentours de l'an 700 aura
finalement raison de la résistance berbère qui
se convertira dès lors à l'islam apporté par les
conquérants arabes. Les berbères du Maroc
étaient alors très faiblement christianisés
tandis que les populations juives ne se
convertirent que très faiblement à l'islam. Par
ailleurs, l'islam ne sera dès lors plus jamais
contesté au Maroc, contrairement à ce qui a pu
se passer en Algérie ou en Tunisie. D'autre
part, l'année 708 correspond à l'intégration du
Maroc au sein de l'empire des Omeyyades. Dans le
sillage des succès marocains, les armées arabes
traverseront le détroit de Gibraltar sous le
commandement de Tariq ibn Ziyad et atteindront
la Navarre dès 715.
En 740, les tribus berbères adoptent le
kharijisme jugé plus proche des principes de
"démocratie tribale" que la doctrine omeyyade.
Le califat qui refuse cette hérésie se replie,
fragilisé depuis Damas par l'irrésistible
ascension des Abbassides. Le Maroc connait
l'anarchie.
L'histoire des Idrissides est indissociable de
la personne d'Idriss Ier, descendant d'Ali,
gendre de Mahomet qui fuyant les massacres dont
était victime son entourage et sa famille vint
se réfugier dans le Moyen Atlas, à Volubilis,
ancienne cité romaine déchue. Obtenant l'aval
des tribus locales, il fonda en 789 la ville de
Fès dans la plaine du Saïss dont il fit la
capitale de son nouveau royaume, le Maroc,
proclamé en 791. Assassiné par un envoyé du
calife Haroun ar-Rachid, son fils Idris II lui
succède après une régence. Il étend sa capitale
ainsi que son royaume et avance au-delà de
Tlemcen, pris par son père dès 789 et assujettit
de nombreuses tribus Zenata. Son successeur
Mohammed fera construire la prestigieuse mosquée
Quaraouiyine, une des toutes premières
universités de l'Histoire. À cette période, Fès
devient un des principaux centres intellectuels
du monde arabe et attire d'éminents
scientifiques et théologiens. Le royaume du
Maroc étend régulièrement ses frontières mais se
retrouve menacé par la puissante dynastie des
Fatimides à l'est. Indiqués califes de Cordoue
au début du Xe siècle, les Idrissides subiront
également au nord la pression des Omeyyades. En
985, les Fatimides et leurs vassaux d'Algérie
poussent les Idrissides à se réfugier en
Andalousie.
Dès le milieu du Xe siècle, l'affaiblissement
des Idrissides du fait non seulement des
pressions externes mais surtout des dissensions
internes entraine un regain d'activité des
grandes tribus berbères qui fondent et
conquièrent de nombreuses cités. Les états de
Sijilmassa dans le sud et de Nekor dans le nord
se maintiennent et gagnent de l'ampleur durant
cette période.
Références aussi en liens externes |
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Incursions d'autres tribus
Zénètes
Articles détaillés : Maghraouas, Banou Ifren et
Meknassa.
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La mosquée fut bâtie par les Banou
Ifrens à Salé, puis rénovée à plusieurs
reprises par la suite |
Vers 954 et selon Ibn Khaldoun, trois grandes
confédérations tribales zénètes [13] s'emparent
de plusieurs villes et régions du Maghreb el
Aksa (appellation arabe du Maroc), à savoir Fès,
Oujda (fondée en 994 par le maghraoua Ziri Ibn
Attia, Salé (fondée au cours du Xe siècle par
les Banou Ifrens, Sijilmassa, ou encore les
régions du Souss et du Haouz, et ce
consécutivement à l'affaiblissement de la
dynastie arabe chérifienne des Idrissides.
Pendant la conquête, les points de vue des
Maghraouas, Banou Ifrens et Meknassas
divergèrent provoquant une instabilité sur
l'ensemble du territoire. Les diverses tribus
maghraouas étaient tantôt alliées aux Omeyyades
tantôt aux Fatimides. Les Banou Ifrens
demeurèrent réfractaires à toute alliance avec
les puissances arabes
Les Fatimides profitent de ces divisions entre
les 3 tribus zénètes et envoient les Zirides de
l'Ifriqiya pour conquérir le Maghreb el Aksa (le
Maroc actuel). Le ziride nommé Ziri ibn Menad
réussit à conquérir une parte du Maroc actuel.
En 971, son fils Bologhine ibn Ziri affirme sa
souveraineté sur la majorité des villes
importantes. Durant cette période, les
Berghouatas (confédération tribale masmouda et
sanhadja) seront donc attaqués par les Zirides.
Les Maghraouas demandent l'aide des Omeyades.
Ces derniers acceptent enfin d'aider les Zénètes
à reconquérir les territoires, en particulier
ceux des Maghraouas de l'ouest du Maghreb.
Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer
devant l'armée omeyade venue d'Andalousie par
voie maritime et qui s'installe à Ceuta. Par la
suite, Ziri Ibn Attia des Maghraouas entre en
conflit avec les chefs des Banou Ifrens et des
Meknassas. Une lutte au pouvoir sera acharnée
entre les fractions zénètes. Les Banou Ifrens
attaquent les Berghouata et prennent plusieurs
fois Fès, place forte maghraoua. Ces derniers
rétabliront finalement l'équilibre du Maghreb el
Aksa.. Le règne des 3 tribus zénètes s'achèvera
par l'arrivée des Hilaliens et des Almoravides
vers le XIe siècle en 1059. Les Zénètes seront
évincés par les Almoravides du Maghreb el Aksa .
De tout temps, les Zénètes étaient seuls maitres
des routes et du commerce dans la région. Cette
période est caractérisée par une certaine
prépondérance des pratiques démocratiques
tribales, comme ce fut déjà le cas deux siècles
auparavant lors des révoltes kharijites. Les
Zénètes ont démontré par leur histoire qu'ils
pouvaient négocier avec toutes les tribus au
Maghreb. Plusieurs alliances et traités ont été
élaborés pendant cette période. La construction
s'est développée et plusieurs villes ont connu
un véritable essor (construction de mosquée, de
kalaâ, ksours, etc). En 1068, les trois
"dynasties" chutent tant à cause du zèle
manifeste de certains chefs que du fait de leur
détermination à se lancer dans des guerres
saintes.
Références aussi en liens externes |
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Dynastie almoravide
Article détaillé : Almoravides.
Alors que le "Maroc utile" est en proie aux
convoitises des entités politiques voisines
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Conquêtes almoravides (XIe siècle), au
début de leur pénétration |
ainsi qu'aux déchirements internes, trois grandes tribus
berbères se partagent les régions sahariennes.
Les Lemtouna, Massoufa et Goddala (ou Gadala,
lointains descendants des antiques Gétules),
tous trois membres de la confédération Sanhadja
et islamisés deux siècles et demi plus tôt,
guerroient et vagabondent régulièrement en
direction du sud où ils menacent l'empire du
Ghana et d'autres états soudanais. De la tribu
Lemtouna, l'émir Yahya Ibn Ibrahim se rend vers
1035 accomplir le pèlerinage à La Mecque. Là
bas, il prend conscience de la nécessité de
parfaire l'islam de ses congénères des régions
de l'Adrar. En halte à Kairouan, il tente pour
cela d'obtenir un appui logistique de la part
d'éminences religieuses locales, mais sans
résultat. Ce sera dans la région de Taroudant
qu'un dénommé Ou Agg ben Zellou lui indiqua
l'existence d'un prédicateur dans le désert, un
certain Abdallah Ibn Yasin. Yahya Ibn Ibrahim et
Abdallah Ibn Yasin s'en retournèrent donc tous
deux dans l'Adrar convertir les Djoudala (tribu
des Lemtouna) au malékisme puritain. Si au
départ leurs enseignements sont plutôt bien
accueillis, leur austérité et leurs méthodes
radicales (instruments de musique et habits de
couleurs vives bannis) finirent par lasser.
Yahya Ibn Ibrahim et Abdallah Ibn Yasin errèrent
donc dans le désert et s'en allèrent donc fonder
un ribat sur l'île de Tidra entre la baie du
Lévrier et le cap Timiris. Là ils
conceptualisèrent une véritable doctrine qui
leur valut le nom d'Almoravides (de Al-murabitun,
المرابطون), les gens du ribat.
Le climat d'exaltation mystique qui régnait au
couvent militaire attira de nombreux fidèles de
toutes les contrées du Sahara occidental et même
au-delà. De 1042 à 1052, les Almoravides
conquièrent tout le Sahara occidental et
tournent leurs regard vers le nord. Yahya Ibn
Ibrahim fut tué et remplacé par Abu Bakr Ibn
Omar. Dès lors l'expansion des Almoravides est
irrésistible. Aoudaghost, place forte de
l'empire du Ghana et importante étape du
commerce transaharien est prise et détruite.
L'année suivante, c'est au tour de Sijilmassa de
céder à la pression almoravide et de voir ses
maîtres Zénètes impitoyablement exterminés. La
même année (1056), Taroudant et le Souss entier
se rendent aux envahisseurs. Les Almoravides
n'ont alors qu'une idée : soumettre les plaines
fertiles du Maroc utile et les intrépides tribus
de l'Atlas. Néanmoins, les combats contre les
hérétiques Berghouata s'éternisent et s'avèrent
plus ardus que prévu. Yahya Ibn Ibrahim est même
mortellement blessé et inhumé sur un des
affluents du Bou Regreg. Abou Bakr doit alors se
rendre à nouveau dans le désert pour mettre fin
à des luttes intestines et il confie alors le
commandement des terres septentrionales
nouvellement conquises à son cousin, un certain
Youssef Ibn Tachfin. En 1072, ce dernier empêche
le retour d'Abou Bakr et fait dès lors de
Marrakech, fondée deux ans plus tôt, sa
capitale. La rigueur morale de ces "Voilés" et
leur attachement aux valeurs de l'islam attira
les nombreux déçus des années du climat
d'anarchie ambiant et Youssef Ibn Tachfin
constitua sans mal une armée de 20 000 hommes
qu'il arma d'arbalètes. Toutefois, la soumission
des intrépides tribus Zénètes ne fut pas des
plus aisées. Ces derniers se rallièrent même
ponctuellement aux élites bourgeoises de Fès et
de Tétouan, bien décidées à repousser ces tribus
dont le puritanisme était aux antipodes des
aspirations de raffinement et de luxe qu'ils
avaient importé d'Andalousie. Des villes du
nord, Meknès tomba la première, puis ce fut au
tour de Fès (1060 ou 1061), des villes du Rif,
de Tlemcen (1069) et enfin d'Oujda (1081).
Tanger et Ceuta, fiefs de la dynastie hammudite
de Malaga ne cédèrent que vers 1084 après un
éprouvant siège et subirent de terribles
supplices. À l'est, les Almoravides avancèrent
jusqu'à Alger (Ténès et Oran furent gagnées en
1082).
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Tombeau du célèbre prince et poète Al
Mutamid Ibn Abbad, condamné à finir sa
vie dans une prison d'Aghmat au sud de
Marrakech |
Alors que dans la brillante Andalousie, les
princes musulmans subissaient les premiers
revers face aux chrétiens ligués autour de la
personne d'Alphonse VI, les extraordinaires
prouesses militaires de ces "Voilés" aux mœurs
rigides résonnent comme une bénédiction. Al-Muttawakil
de la Taifa de Badajoz fait appel aux
Almoravides dès 1079. En 1082, c'est au tour
d'Al Mutamid Ibn Abbad de solliciter les maîtres
du Maroc. En 1086, pour répondre à ces appels et
pour enrayer la "décadence" civilisationelle
d'Al-andalus (arts florissants, consommation de
vin ...), Youssef Ibn Tachfin fait embarquer de
Ceuta la bagatelle de 7000 cavaliers et 12 000
fantassins. Rapidement, les rois des différentes
taifas rallient les armées Almoravides. Les
victoires s'enchainent et les armées d'Alphonse
VI sont mises en déroutes non loin de Badajoz le
23 octobre 1086. Youssef Ibn Tachfin rentre au
Maroc régler des affaires internes mais le
désordre en Andalousie le pousse à revenir. Il
est néanmoins poussé par les fakihs à revenir,
du fait des difficultés lors du siège à Aledo et
surtout des divisions entre taifas qu'il
considérait personnellement comme une honte pour
l'islam. En 1090, un concile almoravide à
Algésiras déclara la guerre aux reyes de taifas
accusés d'impiété. L'alliance de certains de ces
derniers avec des princes chrétiens n'empêcha
pourtant pas l'irrésistible avancée des
Almoravides à Al-andalus, qui s'acheva en 1094
avec la prise de Badajoz et l'impitoyable mise à
mort d'Al-Mutawakil et de sa famille. Les
victoires s'enchainent encore face au Cid
retranché à Valence.
En 1106, après la prise de Valence et alors que
les Baléares sont occupées, Youssef Ibn Tachfin
décède et son fils, Ali Ben Youssef hérite du
trône. Fils d'une esclave chrétienne affranchie,
il devient par la même occasion maître d'un
empire s'étendant du Tage au fleuve Sénégal, des
côtes algériennes à Tombouctou. Il nomme son
frère Temyn gouverneur d'Al-andalus. Les armées
almoravides défont Sancho, fils d'Alphonse VI
lors du siège du château d'Uclès. Alphonse VI
décèdera l'année suivante, en 1109. Ali revient
alors en Andalousie et remporte les sièges de
Madrid, Guadalajara et Talavera. À l'ouest, les
armées almoravides poussent jusqu'à Porto,
menaçant même les côtes galiciennes. À l'est,
les Baléares servent de base logistique aux
razzias menées contre Barcelone. Cependant, les
innombrables exploits militaires ne parviennent
pas à pallier le mécontentement ambiant en
Andalousie où le fragile équilibre entre
Mozarabes, juifs et Arabes est quelque peu rompu
par la rigueur religieuse imposée par les
conquérants. L'autodafé des écrits du très
populaire Al-Ghazali ne fait qu'amplifier le
malaise des élites culturelles, nostalgiques de
l'âge d'or du califat omeyyade. La sollicitation
par l'armée divine des milices chrétiennes de
Reverter pour maintenir l'ordre au Maroc même
est mal comprise par les tribus montagnardes du
Haut-Atlas, de jour en jour plus mécontentes de
l'autoritarisme almoravide. |
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Dynastie almohade
Article détaillé : Almohades.
Mohammad Ibn Toumert, futur Mahdi et fils d'un
amghar, chef de village de la tribu geras. Très
précocement animé par un zèle religieux, il
entreprit dès sa jeunesse de multiples voyages
l’amenant à visiter Baghdad, Le Caire et
peut-être même Damas où il découvre tout
l'ampleur de la tradition musulmane, et
notamment le soufisme.
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Empire Almohade entre 1147 et 1269 (Apr
JC) |
Rapidement, il entretient une profonde aversion pour
l'étroitesse du malékisme régnant en maître en
sa patrie. C'est en 1117 qu'il regagne le
Maghreb, via Tripoli, puis Tunis et enfin Béjaïa
où ses prêches pieuses galvanisent les foules. À
Melalla, il se lie d’amitié avec le Zénète Abd
El Moumen. C'est en compagnie de ce dernier
qu'Ibn Toumert d'Almohades (de ‘’Al-Muwahidûn’’,
الموحدون), les Unitaires. C'est à Tinmel, au
cœur de la très isolée vallée du N'fis qu’il
établit sa "capitale". Ses prêches rencontrent
un écho considérable et il clame ouvertement son
intention de liguer toutes les tribus insoumises
des montagnes contre les Almoravides.
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Drapeau Almohade |
Son aura grandissante suscite de jour en jour davantage
d'inquiétudes de la part des Almoravides qui
lancent contre lui en 1121 une expédition
militaire commandée par le gouverneur du Souss,
Abou Bakr Ben Mohammed El-Lamtouni. L'expédition
est littéralement écrasée. Suite à cette
déconvenue, les velléités s'estompèrent un temps
mais en 1127 (ou 1129), une nouvelle expédition
parvint dans les contreforts du Haut-Atlas aux
environs d’Aghmat dans l'espoir de frapper un
grand coup en pays Hintata, fief de la doctrine
"Unitaire". Mais Abd El Moumen et El Béchir
contrarièrent ce plan et profitant de l'effet de
surprise, ils parvinrent même à assiéger
ponctuellement Marrakech, capitale almoravide.
Cependant, leurs faiblesses en combat de plaine
les poussèrent à se retrancher en toute hâte (El
Béchir mourut). Quelques mois plus tard, en
septembre 1130, Ibn Toumert mourut.
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Mihrab de la mosquée de Tinmel, fief
originel de la doctrine almohade |
Abd El Moumen succéda d'abord secrètement au
fondateur de la secte et privilégia une
politique d'alliance avec les tribus de l'Atlas.
Pour ce faire, il joua non seulement de ses
origines Zénètes mais aussi de ce qui restait de
cercles d'initiés qu'avait fondé son
prédécesseur. Dès 1140, une intense campagne
permet aux Almohades de s'attirer les faveurs
des oasis du sud. Taza puis Tétouan sont les
premières grandes cités à tomber. À la faveur du
décès d’Ali Ben Youssef en 1143, il s'empare de
Melilla et d'Al-Hoceima, faisant ainsi du nord
du Maroc sa véritable base logistique. La mort
du redoutable Reverter en 1145 suivie la même
année de celle de Tachfin Ben Ali permet aux
Almohades les prises respectives d’Oran, de
Tlemcen, d'Oujda et de Guercif. S'ensuit ensuite
le long et éprouvant siège de Fès qui durera la
bagatelle de neuf mois durant lesquels Abd El
Moumen se charge personnellement de prendre
Meknès, Salé et Sebta. La conquête du Maroc
s'achèvera finalement en mars 1147 par la prise
de Marrakech, capitale du désormais déchu empire
almoravide et dont le dernier roi Ishaq Ben Ali
sera ce jour-là impitoyablement tué. Pour fêter
cette victoire, Abd El Moumen fit bâtir la très
célèbre Koutoubia sur les ruines de l'ancien Dar
El Hajar.
De manière assez inédite, les premiers efforts
militaires d'Abd El Moumen désormais "intronisé"
se tournent vers l'est du Maghreb, sous la
menace des Normands de Sicile menés par Roger II
(qui ont pris le contrôle de Djerba et Mahdia et
menacent la prospère Bejaïa) et des cohortes
bédouines envoyées depuis Le Caire par les
souverains Fatimides, furieux de voir Zirides et
Hammadides échapper à leur contrôle. Les
opérations lancées s'avèrent largement
fructueuses puisque les bédouins sont
complètement écrasés à Béjaïa puis Sétif en
1152. En 1159, une puissante armée terrestre est
levée depuis Salé, secondée par une flotte de
soixante-dix navires, obligeant les Normands à
se retrancher sur Sfax et Tripoli. Ainsi
l'empire Almohade s'étendait-il à la fin des
années 1150 de l'Océan Atlantique jusqu'aux
portes de la Libye. En Andalousie la fin de la
période almoravide a permis la résurgence des
reinos de taifas et un regain de vigueur des
Chrétiens. En 1144 ils prennent même le contrôle
de Cordoue. À l'ouest, Lisbonne et Santarem sont
prises également. Almeria est également prise
par les Aragonais pour une décennie entière. Dos
au mur, les taifas se voient obligés de faire de
nouvel appel aux maîtres du Maghreb. Ainsi,
avant même la prise de Marrakech par les
Almohades, Jerez et Cadix s'offrent à ces
derniers. Dans le sillage de la prise de
Marrakech, des corps expéditionnaires permettent
la conquête de tout le sud de la péninsule
(Grenade, Séville, Cordoue ...) puis de Badajoz.
En 1157, Almeria est reprise. Abd El Moumen
décèdera finalement en 1163 à Salé. Son fils Abu
Yaqub Yusuf lui succède, d'abord reconnu à
Séville puis à Marrakech. Il s'efforcera jusqu'à
son décès en 1184 de régner en véritable
"despote éclairé", soucieux de desserrer l'étau
d'orthodoxie religieuse pesant sur le Maghreb.
Sous son impulsion fleurissent des arts
autrement plus épanouis que sous la dynastie
précédente. L’architecture en particulier
atteint un véritable âge d’or, se traduisant par
la construction de la Giralda à Séville,
fraichement honorée du statut de capitale
andalouse, ainsi que de la Tour Hassan a Rabat
(dont le minaret ne fut jamais achevé) et de la
Koutoubia à Marrakech, toutes trois bâties sur
un modèle sensiblement équivalent. Dans d’autres
registres, le palais de l’Alhambra est érigé sur
les hauteurs de Grenade et les Jardins de l'Agdal
sont plantés à Marrakech (cf. l'article Art
almoravide et almohade). C’est également sous
les Almohades que vécut le brillant philosophe
Averroès (de son vrai nom Ibn Rûshd ابن رشد)
ainsi que Maïmonide qui ira néanmoins s’exiler
au Caire afin de pouvoir pratiquer librement sa
religion (il était de confession hébraïque). À
la mort d’Abu Yaqub Yusuf, les Almoravides
demeurés maîtres des Baléares s’en vont porter
le glaive là où jadis sévissaient les Normands.
Ils arrachent Alger, Miliana, Gafsa et Tripoli
aux Almohades et subventionnent des tribus
bédouines d’Ifriqiya qui s’en iront mener des
razzias dans tout le Maghreb médian et
descendront même jusque dans les oasis du Drâa.
Matées par les vigilantes milices d’un certain
gouverneur Abu Yusf, ces tribus bédouines seront
par la suite sédentarisées dans l’ouest
marocain, dans l’ancien pays bergouata où elles
contribueront à l’effort d’arabisation des
plaines du Gharb et de la Chaouia. Après la
victoire d’Alarcos durant laquelle Alphonse VIII
est battu par le souverain Abu Yusuf Yaqub
al-Mansur, les derniers fauteurs de troubles
Almoravides sont écrasés dans le sud tunisien.
C’est l’âge d’or almohade.
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Bataille de Las Navas de Tolosa |
Muhammad an-Nasir succède à son père en 1199. Le
16 juillet 1212, son armée de 200 000 hommes est
mise en déroute par une coalition de près de 220
000 chrétiens venus de France, d’Aragon et de
Catalogne, de León et de Castille. C’est la
Bataille de Las Navas de Tolosa que l’histoire
retiendra comme l’évènement charnière de la
Reconquista. L’autorité des Almohades sur leur
empire sera durablement affaiblie par cette
débâcle, au point que le Muhammad an-Nasir
renoncera à son trône l’année suivante, le
cédant à son fils. À 16 ans, Yusuf al-Mustansir
accède donc au trône. Dépourvu d’autorité, il
voit rapidement le Maghreb médian lui échapper.
Il en va de même en Andalousie où le gouverneur
almohade de Murcie réclame une régence et
franchit le détroit pour le faire savoir. À
Séville, Al-Mamoun fait sensiblement de même.
Les taifas renaissent de leurs cendres et
imposent le malékisme. À Marrakech même les
cheikhs souhaitent procéder à l’élection d’un
nouveau calife, ne laissant d’autre alternative
au jeune souverain que la fuite pour un temps.
Son fils, Abd al-Wahid al-Makhlu lui succède en
1223. Il mourra étranglé l’année même. Les
cheikhs de Marrakech procèderont alors à
l’élection d’ Abu Muhammad al-Adil. Les
Hafsides, du nom d’Abû Muhammad ben ach-Chaykh
Abî Hafs, autrefois vizir de Muhammad an-Nasir
déclarent leur indépendance en 1226, sous
l’impulsion de Abû Zakariyâ Yahyâ. La mort d’Abu
Muhammad al-Adil marquera le début de
l’ingérence du Royaume de Castille dans les
affaires marocaines. Ferdinand III de Castille
soutiendra Abu al-Ala Idris al-Mamun tandis que
les cheikhs soutiendront le fils de Muhammad
an-Nasir, Yahya al-Mutasim. C’est le premier qui
prit pour un temps l’ascendant, parvenant à
prendre Marrakech et à massacrer les cheikhs. Il
renia la doctrine religieuse almohade au profit
du malékisme et consentit en paiement de sa
dette à construire l’église Notre-Dame de
Marrakech en 1230. L’édifice fut détruit deux
ans plus tard. En 1233, son fils Abd al-Wahid ar-Rachid
reprit Marrakech et chassa de Fès les Bani Mari
futurs Mérinides (ces derniers faisaient payer à
la ville et à sa voisine Taza un tribut depuis
1216), permettant de réunifier le Maroc. En
Andalousie, Cordoue tombe aux mains de Ferdinand
III de Castille dès 1236. Valence lui emboitera
le pas deux ans plus tard, puis ce sera au tour
de Séville en 1248. Entre temps, Abu al-Hasan
as-Said al-Mutadid parviendra à rétablir un
semblant d’unité sur le Maroc mais accumulera
les échecs face aux Mérinides dont l’avancée est
irrésistible sur le Maroc septentrional. Pour
une trentaine d’année, les Almohades survivront,
recroquevillés sur la plaine du Haouz et payant
un tribut à leurs voisins septentrionaux. En
1269, Marrakech tombe. En 1276, c’est au tour de
Tinmel. Un siècle et demi plus tard, la boucle
almohade est bouclée.
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Carte en l'an 800
de Empire Idrisside (788-974) (voir
aussi liens externes). |
Empire Almoravides
(1073-1147). |
Empire des
Saadiens(1554 - 1659). |
protectorat (1912
- 1956). |
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Dynastie des Mérinides
Article détaillé : Mérinides.
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Empire mérinide à son apogée
(1347-1348[20]), à la veille de la
défaite de Kairouan (1348) |
Contrairement aux deux
dynasties précédentes, la montée en puissance
des Mérinides n’est pas à mettre sur le compte
d’une démarche personnelle associable à un
individu mais plutôt à l’affirmation collective
d’une tribu. L’autre rupture que marque
l’accession au pouvoir des Mérinides est
l’abandon du leitmotiv de la purification
religieuse au profit d’une conception de la
conquête du pouvoir plus classique, plus
conforme à l’identité tribale des
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Emblème de la dynastie mérinide |
protagonistes.
La tribu en question est une tribu zénète dont
les origines sont issues des Wassin. Toujours
est-il que les Beni Merin (ou Bani Mari)
constituent tout au long du XIIe siècle
l’archétype d’une tribu berbère lambda,
nomadisant entre le bassin de la Haute-Moulouya
à l’ouest (entre Guercif et Missour) et le Tell
algérien, au sud de Sidi bel Abbès à l’est. La
première occurrence de la tribu des Beni Merin
dans l'historiographie marocaine coïncide avec
leur participation en tant que groupe à la
bataille d'Alarcos (1196), bataille finalement
remportée par le camp almohade. C’est à cette
occasion que s’illustre Abd al-Haqq considéré
comme le véritable fondateur de la dynastie
mérinide. De retour au pays, la tribu retombe
dans un anonymat relatif jusqu’à la cinglante
défaite almohade de Las Navas de Tolosa à
l’issue de laquelle les troupes Mérinides iront
défaire 10 000 soldats Almohades. Suite à ce
succès, les Mérinides s’installent
temporairement dans le Rif, soutenus par des
Miknassas sédentarisés au nord de Taza. Dès
1216, ils se faisaient payer tribut par les
cités de Fès et Taza. Les Almohades soucieux de
restaurer leur autorité sur tout leur territoire
lancent de nombreuses contre-offensives, le plus
souvent vaines. C’est au cours d’une de ces
manœuvres que décède Abd al-Haqq. Son fils
Uthman ben Abd al-Haqq lui succède. Dès 1227,
toutes les tribus entre le Bou Regreg et la
Moulouya ont fait allégeance aux Mérinides. En
1240, Uthman ben Abd al-Haqq décède, assassiné
par son esclave chrétien. C’est son frère
Muhammad ben Abd al-Haqq qui lui succède,
assiégeant avec un succès relatif Meknès. Il
décède en 1244, tué par des milices chrétiennes
au service des Almohades. Au milieu de la
décennie 1240, les troupes Almohades sont mises
en déroutes à Guercif. Les Mérinides
s’engouffrent alors dans la très stratégique
Trouée de Taza, tremplin qui leur permit
d’entreprendre le siège de Fès en août 1248 et
d’envisager la prise de toute la moitié nord du
Maroc. Mais la moitié sud n’est pas en reste.
Abu Yahya ben Abd al-Haqq ayant précédemment
succédé joue des amitiés traditionnelles des
Beni Merin avec les Béni-Ouaraïn du Moyen Atlas
et d’autres tribus du Tafilalet pour contrôler
les oasis et détourner les revenus du commerce
transsaharien de Marrakech vers Fès, désignée
comme capitale mérinide.
En 1258, Abu Yusuf Yaqub Ben Abd Al-Haqq succède
à son frère enterré dans l’antique Nécropole de
Chella qu’il avait commencé à réhabiliter. Le
début de son règne est marqué par une lutte avec
son neveu qui réclamait la succession. Ce
dernier parvient à prendre Salé. La situation à
l’embouchure du Bou Regreg profite à la Castille
qui prendra la cité en otage durant deux
semaines. L’ouest du Rif fut également en proie
à de nombreuses insurrections Ghomaras tandis
que Ceuta et Tanger étaient alors aux mains d’un
sultan indépendant, un dénommé El Asefi.
Rapidement le nouveau souverain exprima son
désir d’en découdre rapidement avec les
Almohades retranchés dans le Haouz, l’est des
Doukkala et une partie du Souss. Une première
tentative en ce sens se solda par un échec en
1262. Les Almohades pressèrent alors les
Abdalwadides d’attaquer leurs rivaux Mérinides
par surprise. Yghomracen, célèbre souverain
abdalwadide fut défait en 1268. L’année
suivante, Marrakech fut définitivement prise.
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Medersa Bou Inania de Meknès |
Durant les années qui
suivirent, il bouta les espagnols hors de tous
leurs établissements atlantiques jusqu’à Tanger.
En 1276, Fès, nouvelle capitale du royaume se
voit augmentée d’un nouveau quartier, à l’écart
de l’ancienne ville, où se côtoient notamment le
nouveau palais royal et le Mellah. C’est Fès El
Jedid. Globalement la ville connaîtra sous l’ère
mérinide un second âge d’or, après celui connu
sous les Idrissides. Après la pacification
totale du territoire et la prise de Sijilmassa
aux Abdalwadides, le sultan franchit le détroit
et tente de reconstituer la grande Andalousie
musulmane des Almohades. Les entreprises
espagnoles des Mérinides furent complexes mais
n’accouchèrent que de peu de résultats concrets.
Suite au siège de Xerès, un traité de paix
stipulant le retour de nombreux documents et
ouvrages d’art andalous (tombés aux mains des
chrétiens lors des prises de Séville et Cordoue)
vers Fès. En 1286, Abu Yusuf Yaqub Ben Abd Al-Haqq
décède à Algésiras. Il est inhumé à Chella. Son
fils Abu Yaqub Yusuf, plus tard dit an-nāsr, lui
succède et se voit confronté dès son
intronisation à un durcissement des révoltes
dans le Drâa et à Marrakech et à un désaveu de
certains membres de sa famille, s’alliant tantôt
avec les Abdalwadides ou les révolté. Il rendit
Cadix aux Nasrides de Grenade en guise de bonne
volonté mais 6 ans plus tard, en 1291, ces
derniers, alliés aux Castillans dont ils sont
les vassaux, entreprennent de bouter
définitivement les Mérinides de la Péninsule
Ibérique. Après quatre mois de siège, Tarifa est
prise par les Castillans. Mais les yeux d’Abu
Yaqub Yusuf an-Nasr sont plutôt rivés sur
Tlemcen, capitale des éternels rivaux des Beni
Merin que sont les Abdalwadides. Il se dirige
vers Tlemcen à la tête d’une armée cosmopolite
puisqu’essentiellement composée de mercenaires
chrétiens et Kurdes. Le siège durera 8 ans et se
poursuivra jusqu’à l’assassinat du souverain,
des mains d’un des eunuques de son harem, en
1307.
Jusqu’à l’avènement d’Abu al-Hasan ben Uthman en
1331, la dynastie est marquée par une forme de
décadence dont les principaux symptômes sont la
multiplication :
Des querelles de succession
Des révoltes populaires (des difficultés dans le
Rif, à Ceuta et Tanger se surajoutèrent au
climat insurrectionnel croisant à Marrakech et
dans le Souss)
Des révoltes militaires (c’est la première fois
dans l’histoire du Maroc que les généraux de
l’armée royale auront leur mot à dire dans la
gestion des affaires royales).
En 1331 donc, Abu al-Hasan ben Uthman succède à
son père, quelques mois seulement après avoir
obtenu son pardon. Rapidement, l’obsession de
ses aînés pour Tlemcen le rattrape. Il entame un
nouveau siège sur la ville qui s’avèrera vain.
Il évince ceux qui dans son entourage familial
le jalousent mais sait faire preuve d’une grande
dextérité dans sa gestion des velléités
tribales. Tlemcen tombe enfin en 1337. Abu
al-Hasan ben Uthman est auréolé de gloire. Cette
victoire lui ouvre la voie du Maghreb médian
mais avant de s’engouffrer dans cette brèche
ouverte en direction d’Ifriqiya, le souverain
tient à venger la mort de son fils Abu Malik,
surpris par les Castillans après son succès à
Gibraltar en 1333. La bataille de Tarifa, le 30
octobre 1340 se solde par une lourde défaite qui
signera la fin définitive des ambitions
marocaines en terre espagnole. Sept années plus
tard, le sultan et ses armées parviennent à
soumettre l’Ifriqiya. L’année suivante pourtant,
les Mérinides essuient une cuisante défaite à
Kairouan. L’écho de la déconvenue est grand, au
point que nait et se répand une folle rumeur
selon laquelle Abu l’Hassan serait mort au
combat. À Tlemcen, Abu Inan Faris est alors
intronisé. C’est de sa volonté qu’émanera la
construction de la medersa Bou Inania de Fès. Il
a d’ailleurs également parachevé la construction
de la Medersa Bou Inania de Meknès, entamé par
son aîné. Ce dernier tentera un vain retour via
Alger puis Sijilmassa. Il est finalement défait
et tué par les armées de son fils sur les rives
de Oum Errabiaa. Abu Inan Faris, profondément
chagriné par ce décès, tentera alors de faire
asseoir son autorité sur l’ensemble du royaume,
de nouveau fragilisé par la recrudescence des
velléités insurrectionnelles. Il s’entoure à ces
fins d’Ibn Khaldoun, penseur de génie et
véritable précurseur de la sociologie moderne.
Son neveu, maître de Fès, est exécuté, mais à
l’occasion de ce déplacement au Maroc, c’est
Tlemcen qui se soulève. Une intense campagne
permet un certain regain de vigueur des
Mérinides mais Abu Inan est étranglé des mains
d’un de ses vizirs le 3 décembre 1358, neuf ans
seulement après son accession au pouvoir.
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Nécropole de Chella |
L’anarchie est alors à son
paroxysme. C’est le premier grand déclin de la
dynastie. Chaque vizir tente de porter sur le
trône le prétendant le plus faible et
manipulable. Les richesses patiemment accumulées
par les souverains précédents sont pillées. Un
premier prétendant venu de Castille parvient à
se soustraire pour un temps à ce diktat des
vizirs. Il s’appelle Abû Ziyân Muhammad ben Ya`qûb
plus simplement appelé Muhammad ben Yaqub.
Reconnu et acclamé dans le nord du Maroc, il
règne à partir de 1362 sur un royaume dont seule
la moitié nord (de la Tadla aux contreforts
méridionaux du Rif) est demeurée loyale à
l’autorité mérinide. Tout au long de son bref
règne, il tentera de faire évincer un à un les
vizirs jugés encombrants mais c’est des mains
d’un de ces derniers, le grand vizir Omar, qu’il
périra en 1366. Omar désincarcère alors le fils
d’Abu l’Hasan, Abu Faris Abd al-Aziz ben Ali ou
plus simplement Abd al Aziz. Après avoir réussi
le tour de force d’évincer bon nombre de vizirs
dont celui qui l’a porté au pouvoir, il parvient
à mater le pouvoir parallèle en place à
Marrakech (pouvoir dit d’Abou l'Fadel, vaincu en
1368). Il parvient à asseoir son autorité en
pays Hintata, puis dans le Souss et à Sijilmassa.
En 1370, Tlemcen, où s’était reconstitué le
pouvoir abdalwadide, retombe aux mains des
Mérinides. Mais deux ans plus tard seulement, il
s’éteint. Le royaume est à nouveau scindé en
deux, les zaouias prenant le pouvoir à
Marrakech. La peste noire se fait dévastatrice.
S’ensuivent 21 années de déclin durant
lesquelles se multiplient les intrigues
dynastiques, les coups politiques des différents
vizirs, les ingérences Nasrides et de vaines
tentatives de coup d’éclat militaires face à
Tlemcen. Durant les deux périodes de déclin, la
pratique de la course se développe, tant dans le
nord, dans les environs de Tanger et Ceuta, que
sur la côte atlantique.
En 1399, alors que le Maroc est en proie à une
anarchie des plus totales, le roi Henri III de
Castille arme une expédition navale destinée à
annihiler la pratique de la course depuis
Tétouan. En fait, la ville est non seulement
mise à sac mais également totalement vidée de sa
population (la moitié est déportée en Castille).
En 1415, c’est au tour de Ceuta de tomber aux
mains des navires de Jean Ier, roi du Portugal,
lui aussi en croisade contre la course.
La dynastie mérinide connait un tragique déclin.
Abu Said Uthman ben Ahmad dit Abu Said succède à
Abu Amir Abd Allah dans des circonstances
troubles. Prince taciturne, il se tourne à
nouveau vers Tlemcen. Mais le vent a tourné et
Abou Malek, souverain abdalwadide, pétri de
haine à l’encontre des maîtres de Fès, parvient
à prendre la ville et impose un souverain
fantoche. Les document concernant cette période
sont très flous et se contredisent. Toujours
est-il que Abu Muhammad Abd al-Haqq succède à
Abu Said alors qu’il n’a qu’un an (1421). Cette
accession au trône appela bien sûr une régence.
Les vizirs Wattassides s’avèreront
incontournables. |
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L'arrivée des Andalous et
des Moriscos (morisques)
Dès le début des succès de la Reconquista, des
arabo-andalous ont commencé à se replier vers le
Maroc ; ainsi dès le XIIe siècle certains
andalous décidèrent de quitter l'Espagne maure
mais la majorité d'entre eux été contraints de
quitter l'Espagne principalement en 2 temps : à
la chute de Grenade en 1492, et en 1609 avec
l'expulsion des Morisques et se replient vers le
Maghreb.
Il est nécessaire de rappeler, qu'avant 1492, la
proximité géographique du Maroc avec l'Espagne
andalouse a naturellement induit des échanges
constants et divers entre ces 2 pays.
La proximité du Maroc et la volonté de retour va
entrainer la présence d'une grande concentration
d'andalous sur les rives Nord du Maroc. Les rois
catholiques voyant dans cette concentration un
danger potentiel, situé à juste à 14 km de leur
rive, attaquèrent les rives Nord du Maroc et du
Maghreb et prirent les villes de Melilla et
Ceuta afin de prévenir toute tentative de
retour.
L'arrivée massive de ces andalous, que le Maroc
devra intégrer dans les tissus social et
économique, va marquer un nouveau tournant dans
la culture, la philosophie, les arts, la
politique.....du Maroc. Notons que de nombreux
intellectuels et artistes andalous rejoindront
les cours royales.
L'arrivée et l'installation des morisques au
Maroc sera délicate dans certaines villes du
pays.
Les moriscos installés à Rabat (dite Salé le
Neuf) et Salé (aussi dite Salé le Vieux)
formèrent des républiques corsaires vivant de
courses commerciales fructueuses qui les
emmenèrent à négocier avec de nombreux états (
Espagne, Portugal, France, Angleterre, Hollande,
Islande....); le succès de ces courses
commerciales rentables créa des jalousies en
Occident.
Les arabo-andalous arrivés au Maroc vont soit
s'installer dans d'anciennes villes déjà soit en
construire de nouvelles ; Las andalous se sont
principalement installés dans le nord du pays
comme à Tanger, Tétouan, Oujda, Chefchaouen mais
aussi à Rabat Salé et Fès ( lire l'histoire de
ces villes). |
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Dynastie des Saadiens
Article détaillé : saadiens.
Au début du XVIe siècle, les Saadiens ou Sa`dides
dirigent des tribus venues de la vallée du Draâ,
exaspérées par les offensives chrétiennes, qui
se révoltent contre les berbères Wattassides et
les chassent du pouvoir. |
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Dynastie des Alaouites
Article détaillé : dynastie alaouite.
Armoiries du Royaume du Maroc (1957)
Les Alaouites (à ne pas confondre avec les
Alaouites de Syrie) sont les membres de la
dynastie marocaine régnante depuis le XVIIe
siècle. Ils sont originaires du Tafilalet et
considérés descendants d'Ali.
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Armoiries du Royaume du Maroc (1957) |
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Le Maroc au cours des
croisades
Cette section est vide, pas assez détaillée ou
incomplète. Votre aide est la bienvenue !
De nombreux marocains partirent contre les
croisés chrétiens. Ils établirent en Palestine
un quartier qui portent jusqu'à nos jours le nom
de " Quartiers des Marocains " ; de nombreux
palestiniens descendent de ces marocains
installés en Terre sainte. |
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